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Planter pour composter

Un projet qui vous est destiné

Grâce à une collaboration avec WORMS, le Centre Paul Duvigneaud a lancé cet automne une campagne de sensibilisation à la plantation de haies aux alentours des sites de compostage collectif. Mais attention, pas de n’importe quelles haies !


Les objectifs « compost »

L’idée maîtresse est que la gestion future de ces aménagements doit permettre de fournir un matériel ligneux intéressant pour la qualité des composts, sous forme de produits de taille et de recépage* (en plus des feuilles mortes).

Or, c’est très peu le cas pour les « murs verts » classiquement rencontrés en ville, gérés comme les haies basses taillées : par deux tailles annuelles en période de végétation (juin/septembre). Ce qui donne un matériau homogène et de très fin diamètre, finalement plus « vert » que « brun »… donc mal adapté à la régulation du rapport carbone/azote, de l’aération et de l’hydratation des composts.

Dans notre campagne, ce sont donc plutôt des formes apparentées aux « haies libres » qui sont visées. Libres ne signifiant pas absence d’entretien !, mais que la taille plus épisodique et moins géométrique permet une diversité structurale de la haie, tant verticale (étagement) qu’horizontale. Ce qui sera encore renforcé si un recépage* périodique est possible – il faut pour cela deux rangs arbustifs, et l’espace disponible en ville ne le permet pas nécessairement…

Réalisé essentiellement au cours de la mauvaise saison, l’entretien fournira alors un matériel ligneux diversifié en diamètres, et plus sec. Donc, bénéfique au compostage. Grâce à la diversité en espèces ligneuses, on minimise en outre le risque de déséquilibrer le C/N du compost, et le risque d’accumulation potentielle de l’un ou l’autre polluant…

Là où la création de telles haies n’est pas envisageable, d’autres types de solutions peuvent être recherchés : aménagement de lisière, alignement d’arbres têtards par exemple.


Des co-bénéfices

Une plantation de ligneux (arbustes et arbres) adaptée peut donc contribuer à une meilleure gestion locale de la matière organique, un service écologique* qui a toute son importance en ville – comme le montre l’utilisation intensive de broyat par les compostages collectifs.

Mais la végétation remplit bien d’autres fonctions, que les aménagements proposés sont également susceptibles d’influencer positivement :

- l’accueil de la faune sauvage dans le tissu urbain, et notamment le rôle de « réservoirs d’auxiliaires* » des haies, à proximité immédiate de cultures potagères ou fruitières ;
- les impacts multiples sur le cycle de l’eau (interception/infiltration des précipitations, évapotranspiration*) et, par là, sur le microclimat urbain (îlots de chaleur…) ;
- l’impact sur la qualité de l’air : polluants gazeux, particulaires…

Pour tous ces services écosystémiques*, faire cohabiter plusieurs espèces ligneuses et plusieurs strates constitue « un plus », grâce aux complémentarités qu’elles présentent : au niveau des feuillages (ils peuvent être cireux, duveteux… transpirer ou non quand il fait sec…), mais aussi des systèmes racinaires (superficiels/profonds…), ou des ressources offertes à la faune (abris, nourriture).


Une conclusion...

La haie peut être bien davantage qu’un écran ou qu’un décor vert. Si ces fonctions défensives ou paysagères peuvent rester prioritaires pour certains sites - comme le montrent les résultats d’un sondage mené auprès des Composts de Quartier -, il importe aujourd’hui, dans un contexte de densification de la Région de Bruxelles-Capitale, d’assurer dans les espaces verts un maximum de multi-fonctionnalité.

Et les sites de compostage ont leur rôle à jouer !

Pouvoir produire sur place un certain volume de tailles, voire du broyat, est un objectif de long terme : les arbustes plantés aujourd’hui (petits sujets, en racines nues) ne fourniront un matériel conséquent que d’ici plusieurs années…
Mais il s’agit aussi de créer des aménagements à valeur exemplative, et d’apprendre à gérer « autrement » (qui, en ville, connaît et ose pratiquer le recépage ??).


… en forme d’invitation

Vous avez raté la présentation « Haies urbaines » proposée le 03 octobre à la Maison de la Paix, en guise de lancement de cette campagne ? Rien n’est perdu ! Nous pouvons la refaire pour votre collectif, à charge pour vous de réunir un public et de trouver un lieu...

Ou bien, rejoignez-nous lors d’un des ateliers pratiques de plantation organisés. Chacun est précédé d’une « séance info » ouverte à tous, où les grands principes de plantation et de gestion sont rappelés, les principales espèces présentées… Deux moments sont déjà prévus :

- Samedi 31/01/2015 : séance info-rencontre « Haies, lisières et biodiversité fonctionnelle », suivie d’une plantation arbustive pour l’étagement d’une lisière forestière au Jardin potager du Triage, rue du Triage à Watermael-Boitsfort ;
- Vendredi 13 ou samedi 14/02/2014 (date exacte et horaire à préciser): séance info-rencontre « Haies urbaines » dans les locaux du 1, rue du Chaudron, puis atelier pratique de plantation sur un nouveau site de maraîchage, rue de Neerpede à Anderlecht ; en partenariat avec la Maison Verte et Bleue asbl
- Dimanche 01/03/2015 : séance info-rencontre « Haies urbaines » à la Maison de Quartier Scheut à Anderlecht (RV : 14:00), suivie de la plantation de tronçons de haie sur le site (potager + compostage) Permascheut de la rue James Ensor (15:00 à 17:30 environ)

mais d’autres dates se rajouteront certainement, car plusieurs Composts de Quartier se sont montrés intéressés par le passage à l’action ; et, après une visite d’évaluation sur place et constitution d’un petit dossier ’argumentation/budgétisation, nous avons bon espoir de pouvoir concrétiser là aussi…


Les séances d'information et les ateliers de plantation sont ouverts à tout le monde, composteur collectif ou non !


Pour toute info : Centre Paul Duvigneaud, Olivier DECOCQ : 02 642 24 92 – 0470 100 591 ; centrepduvigneaud@gmail.com






* les auxiliaires regroupent les espèces animales (de minuscules guêpes aux chauves-souris) qui sont prédatrices ou parasites des ravageurs de nos cultures ; au sens large, on y adjoint aussi les pollinisateurs

*l’évapotranspiration au niveau des plantes regroupe deux phénomènes : l’évaporation de l’eau des précipitations qui séjourne un certain temps sur les organes aériens, et l’évaporation de l’eau qui a été puisée dans le sol et est transpirée par les feuilles (face inf. surtout). L’importante quantité d’énergie radiative consommée permet de comprendre l’impact de l’évapotranspiration sur le climat local, les températures en particulier.

*recéper consiste à recouper à la base (5 à max. 10 cm de haut !) un pied d’arbre ou d’arbuste ; des bourgeons dormants sont alors activés, et produiront de nouvelles tiges. Ceci permet de rajeunir ou d’étager une haie, de lui conserver une base bien dense.

*services écologiques ou services écosystémiques : l’ensemble des biens et services rendus, à l’espèce humaine, par les écosystèmes et leurs composantes (sols, espèces vivantes…) ; tous ne sont pas monétarisables…


avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale et de Bruxelles Environnement, et tous nos remerciements à WORMS, Benoît, Bertrand, Éric et Tineke, pour leur soutien et leur motivation sans faille et communicative.